Démystifier le traitement pharmacologique

Publié le par 100 idées

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Puisque le TDA/H relève de facteurs neurochimiques,
les manifestations des symptômes ne résultent donc pas de
prétendus caprices ou de la personnalité de l’enfant, pas plus
que d’une mauvaise éducation. Depuis maintenant un grand
nombre d’années, on parvient à diminuer jusqu’à 80 % des
symptômes avec une médication appropriée. Le phénomène
est plus répandu en Amérique qu’en Europe, mais de plus
en plus de médecins traitent ainsi les enfants en France. Il
existe aujourd’hui plusieurs formes médicamenteuses pour
traiter le TDA/H. Il n’est pas de notre responsabilité ici de
considérer chacune d’elles. On doit pour cela consulter
son médecin. Cependant, notre expérience clinique nous
a largement démontré les bienfaits de la médication, tant
pour l’enfant lui-même que pour sa famille, ses amis et
ses professeurs, avec qui il peut mieux interagir et aussi en
regard des apprentissages scolaires qu’il appréhende avec
plus de facilité.
Malgré la réponse favorable de la médication, celle-ci ne
constitue pas la panacée et des interventions multimodales
sont essentielles pour encadrer l’enfant porteur d’un
TDA/H. Rappelons toutefois l’expérience de l’équipe de
Lily Hechtman, pédopsychiatre québécoise, qui a publié
il y a quelques années une étude longitudinale portant
sur le traitement à long terme d’enfants ayant un TDA/H.
Trois groupes d’enfants (disons A, B et C) présentant tous
un tableau de TDA/H, ont été soumis à trois types de
traitements. Le groupe A ne recevait que la médication ; le
groupe B recevait la médication et de l’information pour
mieux comprendre le TDA/H ; les parents du groupe C
participaient à un programme sur les habilités parentales,
et les enfants du même groupe recevaient non seulement la

médication et de l’information pour mieux comprendre le
TDA/H, mais bénéficiaient en outre d’un programme pour
les aider à mieux gérer leurs comportements. Dans tous les
groupes, la médication avait été donnée dès le début de
l’expérimentation, puis, à l’aide de questionnaires adressés
aux parents, une amélioration immédiate et substantielle
avait été remarquée également dans chacun des groupes dès
la prise de médication. Ensuite, l’information sur le TDA/H
a été donnée aux groupes B et C, puis les programmes
conjoints sur les habilités parentales et sur la gestion des
comportements auprès des enfants ont débuté pour le groupe
C et ont été poursuivis durant 16 semaines. À la fin des 16
semaines, on s’attendait à voir une plus grande amélioration
dans le groupe C, puis, à un moindre degré, dans le groupe
B, comparativement au groupe A, qui n’avait reçu que la
médication. À la surprise des chercheurs, on n’a noté aucune
différence significative entre les trois groupes, démontrant
ainsi que la médication expliquait à elle seule l’amélioration
spectaculaire des comportements chez les enfants.
Même si, comme le suggère cette étude, la médication
semble pallier à elle seule les manifestations du TDA/H,
des programmes d’intervention restent nécessaires et
indispensables pour aider le jeune à développer des
compétences qui seront efficaces à plus long terme. En
effet, les bénéfices de la médication sont immédiatement
interrompus dès que celle-ci s’arrête. Par contre, les stratégies
de compensation apprises durant l’entraînement pourront
durer même après l’arrêt de la médication.

 

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